Le sacrement des malades est une source de réconfort et de paix pour les malades qui leur permet d’unir leur souffrance à celle de Jésus sur la Croix. Il est signe de tendresse de Dieu pour la personne qui souffre.

Pendant longtemps, on l’a nommé « extrême-onction » et donné avec les « derniers sacrements » (le pardon, la communion et le sacrement des malades). Il n’était donc reçu qu’en fin de vie et s’est trouvé associé à la mort, au point d’inquiéter les malades à qui on le proposait.

Le Concile Vatican II a préféré le désigner par l’expression « onction des malades » et a renouvelé sa pratique pour qu’il accompagne vraiment un chrétien malade ou souffrant au long de sa vie, à chaque fois que cela sera jugé nécessaire.


A l’origine du sacrement des malades

Malade devant Dieu

Dans l’Ancien Testament, la maladie est souvent vécue comme un défi face à Dieu : c’est à Dieu que l’homme souffrant, tel que Job, se plaint, crie son désespoir ou sa révolte. C’est de Dieu qu’il attend le soulagement et la guérison. Le mal physique ne se distingue pas bien du mal spirituel : maladie et péché sont souvent confondus, et le pardon de Dieu est la première étape du chemin de guérison. Le prophète Isaïe (Is 54) annonce la venue d’un serviteur de Dieu qui sauvera son Peuple malgré sa souffrance, et même à cause d’elle. Les chrétiens reconnaissent dans la figure du « serviteur souffrant » d’Isaïe une annonce du Christ lui-même : Jésus a connu la souffrance, et en a fait le passage vers la victoire de sa Résurrection.

Le Christ médecin

Tout au long de sa mission, Jésus n’a jamais cessé de manifester son attention et sa proximité aux malades, les accueillant inlassablement, accomplissant pour beaucoup des guérisons miraculeuses. Il est le signe de la  compassion de Dieu pour ceux qui souffrent, et de sa volonté de sauver l’Homme du mal sous toutes ses formes. Il associe le plus souvent guérison physique et parole de pardon. Il va jusqu’à s’identifier aux malades en disant que lorsque l’on prend soin d’un malade, c’est lui-même que l’on soigne.

Jésus s’implique concrètement dans les guérisons qu’il réalise : il touche souvent le malade, n’hésite pas à utiliser sa salive, son souffle, ses mains et tout son corps. Il demande aussi aux malades l’engagement de la foi. Sa plus grande implication est celle de la Croix : c’est là qu’il prend sur lui et qu’il porte chaque souffrance humaine.

Prendre soin des malades est un élément central de la mission que Jésus donne à ses disciples. Depuis, d’innombrables chrétiens ont engagé toute leur vie auprès de souffrants pour être signe du Christ médecin des âmes et des corps. Jésus a aussi confié à ses apôtres un sacrement spécifique pour les malades, décrit avec soin dans la lettre de St Jacques (5,14-15)


Le sens du sacrement des malades

La maladie, épreuve spirituelle

La maladie est une épreuve spirituelle, car elle provoque des ruptures multiples : rupture physique d’abord, puisque le malade fait l’expérience d’un corps qui ne lui obéit plus ; rupture psychologique souvent, car la maladie peut peser d’un poids insupportable sur l’équilibre de vie ; rupture sociale aussi car la maladie isole d’une bonne partie des relations que nous avons lorsque nous sommes en bonne santé ; rupture spirituelle enfin quand survient le désespoir et le sentiment d’être abandonné de Dieu.

Le sacrement des malades est une authentique source de guérison, car il agit sur chacune de ces ruptures : au plan physique, le sacrement des malades est un rappel, et comme une anticipation de la destinée de notre corps qui est de ressusciter, comme le Christ ; au plan psychologique, le sacrement des malades est souvent une source de réconfort et de paix ; au plan relationnel, ce sacrement remet le malade au cœur de la communauté, confirmant toute sa place dans l’Eglise ; au plan spirituel enfin, ce sacrement est un geste de consécration du malade, remis entre les mains de Dieu dans la confiance.

Une force pour vivre

Le sacrement des malades est donc porteur d’un don spécifique de l’Esprit Saint.Une grâce de réconfort, de courage et de paix est donnée pour faire face aux difficultés de la maladie. Le malade est fortifié contre le découragement et l’angoisse. Il arrive parfois que ce sacrement s’accompagne d’un bénéfice visible sur le corps. Mais c’est à chaque fois une source de guérison du cœur.

Comme tous les sacrements, celui des malades actualise de manière spécifique la mort et la résurrection de Jésus-Christ. Le malade est unit intimement à la Passion. Le Christ partage son fardeau, et le malade peut lui-même offrir sa souffrance en participation à l’œuvre salvifique de Jésus, le Sauveur.

Pour les personnes en fin de vie, ce sacrement, associé à l’Eucharistie (le viatique), est alors préparation au grand passage, dernière onction pour entrer dans la vie de Dieu donnée par l’onction du baptême, et fortifiée par celle de la confirmation.


La célébration du sacrement des malades

Un sacrement pour les malades !

Le sacrement des malades a longtemps été considéré comme réservé aux mourants. On l’appelait pour cela « l’extrême onction. » Il faut aujourd’hui le redécouvrir comme un don fait à toutes les personnes atteintes de maladies graves, ou devant toute épreuve de santé importante, même si le pronostic vital n’est pas immédiatement en jeu. Ce sacrement peut même être reçu plusieurs fois, lorsque la maladie s’aggrave, ou lors d’un autre accident sérieux de santé.

La confirmation est le principal sacrement qui communique la force de l’Esprit Saint. Les sacrement des malades est donc normalement réservé aux personnes déjà confirmées. Il est donné par les prêtres.

Pour le demander, il suffit de prendre contact avec sa paroisse, où l’aumônerie de l’hôpital où l’on se trouve, pour soi-même ou pour un membre de sa famille qui en aurait exprimé le souhait.

Gestes et symboles

La célébration du sacrement des malades peut avoir lieu dans des cadres très variés : au cours de célébrations communautaires plus ou moins larges, en famille à la maison, dans la solitude d’une chambre d’hôpital, etc.

Elle inclue toujours un temps pénitentiel (demande de pardon à Dieu) suivi d’un temps d’écoute de la Parole de Dieu, avant les deux signes du sacrement proprement dit.

Le premier geste est une imposition des mains, en silence. Lorsque le prêtre étend les mains sur le malade, il refait le geste par lequel Jésus, puis les apôtres, invoquaient la venue de l’Esprit Saint. C’est un geste de prière. Le second geste est une onction d’huile sur le front et dans la paume des mains, accompagnée de la formule : « Par cette onction sainte, que le Seigneur en sa grande bonté vous réconforte par la grâce de l’Esprit Saint. Ainsi, vous ayant libéré de tous péchés, qu’il vous sauve et vous relève. »

L’huile est un riche symbole biblique : elle est signe de joie, d’abondance, de force et de purification. Elle rappelle l’onction que se faisaient les lutteurs, dans l’Antiquité, avant le combat. Elle est porteuse de guérison, de santé et de beauté. On emploie quand c’est possible pour le sacrement des malades une huile spécialement bénie par l’évêque à cet effet.

Les paroisses proposent des préparations adaptées à chaque âge. N’hésitez pas à vous renseigner auprès de la paroisse de votre domicile, en appelant ou en passant au secrétariat. Si vous vous posez des questions avant de faire la démarche pour vous ou votre enfant, la paroisse propose aussi des permanences pour rencontrer un prêtre, individuellement et sans rendez-vous.

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